FR
Prendre RDVPlanifier une reprise
Réglementation

CSRD & reporting IT : comment intégrer les données du parc informatique

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) a changé la donne du reporting environnemental pour les entreprises européennes. Mais si les obligations sur les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie ou les déchets font l’objet…

EBPar Etienne B.Auteur Revalo · 14 min de lecture
CSRD & reporting IT : comment intégrer les données du parc informatique

La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) a changé la donne du reporting environnemental pour les entreprises européennes. Mais si les obligations sur les émissions de gaz à effet de serre, la consommation d’énergie ou les déchets font l’objet d’une attention croissante, un volet reste largement sous-documenté : le parc informatique.

Pourtant, les équipements IT, PC, smartphones, serveurs, écrans relèvent directement des obligations CSRD via les normes ESRS E1 (changement climatique) et ESRS E5 (ressources et économie circulaire). Cet article vous donne le cadre, les données à collecter et les méthodes pour intégrer votre parc informatique dans votre rapport de durabilité, en valorisant le reconditionné comme levier de réduction documenté.

À quelle date s’applique la CSRD ? La directive s’applique par vagues successives. La vague 1 (plus de 500 salariés, ancienne NFRD) publie depuis 2025 sur les données 2024. Après la directive « Content » adoptée en mars 2026 (paquet Omnibus), les seuils ont été relevés : la vague 2 concerne désormais les entreprises de plus de 1 000 salariés, avec un reporting sur l’exercice 2027 et publication en 2028.

Environ 80 % des entreprises initialement concernées sortent du périmètre obligatoire. Les PME non cotées ne sont pas soumises à la CSRD, mais peuvent adopter volontairement les normes VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs), une version simplifiée des ESRS d’environ 200 points de données. Par ailleurs, les entreprises de 500 à 999 salariés restent soumises au BEGES (Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre) français, qui couvre les mêmes émissions IT que l’ESRS E1.

Les solutions Revalo de reprise de parc informatique pour les professionnels.


Ce que la CSRD exige des entreprises en matière de numérique

La CSRD ne comporte pas de norme spécifique « IT » ou « numérique ». Les obligations qui concernent le parc informatique sont réparties entre trois normes ESRS.

ESRS E1 – Changement climatique est la norme la plus structurante pour les DSI. Elle impose la publication des émissions de gaz à effet de serre par scope (GHG Protocol), avec une ventilation par catégorie. Le parc informatique relève principalement du scope 3 catégorie 1 « achats de biens et services » pour la fabrication des équipements, et du scope 2 pour la consommation électrique en usage. L’indicateur ESRS E1-6 impose de reporter ces émissions avec un niveau de traçabilité et d’auditabilité qui exclut les estimations grossières : les données doivent être vérifiables par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant (OTI).

ESRS E1 exige également un plan de transition climatique documenté, avec une trajectoire de réduction des émissions, des objectifs datés et des indicateurs de suivi ce qui implique pour la DSI de formaliser une feuille de route de décarbonation de son parc (renouvellement, reconditionné, allongement de durée de vie).

ESRS E5 – Ressources et économie circulaire couvre les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), la gestion de fin de vie des actifs informatiques et les pratiques d’économie circulaire. Elle demande de documenter les flux sortants d’équipements, les filières de traitement utilisées et les actions prises pour allonger la durée de vie des équipements ou favoriser le réemploi. C’est ici que la politique de reprise de parc et le recours au reconditionné trouvent leur place naturelle dans le reporting.

ESRS S1 – Personnel de l’entreprise peut également concerner indirectement le parc IT dans les contextes où les conditions d’utilisation des équipements numériques sont liées à la santé et à la sécurité des collaborateurs (ergonomie, exposition aux ondes, télétravail).

Pour les entreprises encore soumises à la CSRD après la réforme Omnibus, le scope 3 lié aux achats de matériel IT est souvent l’un des postes les plus significatifs de leur empreinte carbone totale. Pour le scope 3 en particulier, Gartner estime que pour beaucoup d’organisations, entre 70 et 90 % de l’empreinte carbone totale relève de ce scope. Le matériel informatique acheté chaque année en fait systématiquement partie dès lors que les volumes sont significatifs.

Reprise de parc IT gratuite : comment ça marche vraiment ?


Quelles données du parc IT sont concernées ?

Inventaire, cycle de vie, consommation énergétique

Le point de départ d’un reporting IT conforme à la CSRD est un inventaire exhaustif et à jour du parc. Cet inventaire doit couvrir quatre catégories d’actifs : les terminaux utilisateurs (PC portables, PC fixes, écrans, smartphones, tablettes), l’infrastructure sur site (serveurs physiques, baies de stockage, équipements réseau), les services cloud utilisés (IaaS, PaaS, SaaS pour l’estimation des émissions liées à l’usage de data centers), et les équipements périphériques significatifs (imprimantes, téléphones fixes, onduleurs).

Pour chaque catégorie, les données minimales à collecter sont : la quantité d’équipements, les modèles et marques (pour accéder aux fiches Product Carbon Footprint constructeurs), l’année d’acquisition, la durée de vie prévue et effective, et l’état en fin de cycle (reconditionné, recyclé, stocké, cédé).

L’inventaire au niveau de l’actif individuel demande un effort initial significatif la première année, mais rend le suivi annuel quasi automatique si un outil de gestion de parc (ITAM) est en place. Microsoft Intune, GLPI ou Lansweeper permettent d’automatiser cet inventaire et de l’exporter dans les formats nécessaires au reporting.

Calcul des émissions scope 3 liées au matériel

Le calcul des émissions scope 3 catégorie 1 liées au matériel informatique suit une logique en trois étapes. D’abord, l’empreinte de fabrication : pour chaque équipement acheté dans l’année, on affecte l’empreinte carbone de sa fabrication (en kg CO₂e), obtenue soit depuis les fiches PCF (Product Carbon Footprint) des constructeurs (Dell, HP, Lenovo, Apple publient ces données), soit depuis la Base Empreinte de l’ADEME pour les catégories génériques. Un PC portable professionnel génère entre 156 et 463 kg CO₂e à la fabrication selon le modèle ; un smartphone entre 39 et 80 kg CO₂e ; une tour PC entre 158 et 600 kg CO₂e.

Ensuite, l’empreinte d’usage : la consommation électrique annuelle des équipements multipliée par le facteur d’émission du mix électrique local. En France, avec un facteur d’émission de 60 g CO₂e/kWh environ (ADEME), cet impact est faible comparé à la fabrication mais il doit être documenté pour la conformité ESRS E1.

Enfin, l’empreinte de fin de vie : émissions liées au transport vers les filières de traitement, et, dans le cas d’équipements recyclés ou reconditionnés, les émissions évitées qui peuvent être valorisées dans le rapport comme réductions documentées.

La méthode CSRD est agnostique sur la base de facteurs d’émission utilisée (ADEME, DEFRA, ecoinvent), à condition que la source soit documentée, cohérente d’un exercice à l’autre et auditée. Le GHG Protocol est le cadre de référence pour la structuration des calculs.

Besoin d’un bilan carbone IT ?


Comment collecter et structurer ces données ?

Outils et méthodes de suivi

La collecte des données IT pour le reporting CSRD s’organise autour de trois sources complémentaires. Les outils de gestion de parc (ITAM) fournissent l’inventaire des actifs, les dates d’achat et les configurations. Les fiches PCF constructeurs fournissent les empreintes de fabrication par modèle Dell, HP et Lenovo les publient pour la quasi-totalité de leurs gammes professionnelles. La Base Empreinte ADEME (base-empreinte.ademe.fr) et l’outil ImpactCO2 (impactco2.fr) permettent de calculer les empreintes par catégorie générique lorsque les fiches constructeurs ne sont pas disponibles.

Des plateformes spécialisées comme Carbonara, Greenly ou Tennaxia proposent des modules de comptabilité carbone IT qui automatisent la récupération des facteurs d’émission, la ventilation par scope/catégorie et la mise en forme pour le reporting ESRS. Pour les organisations soumises à la CSRD avec audit OTI, le recours à un tel outil est fortement recommandé car il garantit la traçabilité de la piste d’audit exigée par les commissaires aux comptes.

Pour les entreprises soumises au BEGES mais pas encore à la CSRD, la méthodologie est similaire : le BEGES utilise les facteurs d’émission ADEME comme référence française, couvrant les mêmes postes d’émissions IT que l’ESRS E1.

Rôle du reconditionné dans la réduction de l’empreinte

Le recours au matériel reconditionné est l’un des leviers les plus puissants et les plus documentables pour réduire l’empreinte carbone du scope 3 lié aux achats IT. La logique est simple : un équipement reconditionné a déjà supporté sa dette carbone de fabrication lors de son premier cycle. L’acquérir pour un second cycle mobilise uniquement les émissions du transport, du diagnostic et des pièces remplacées une fraction infime des 300 à 400 kg CO₂e d’un PC portable neuf.

Selon les acteurs du secteur, le reconditionné divise par cinq l’impact d’un équipement par rapport au neuf (chiffrés selon les statiques de reprise en France de diffèrent service sur la reprise de parc IT comme Revalo) . Pour 30 PC portables bureautiques renouvelés en reconditionné certifié plutôt qu’en neuf, l’économie en scope 3 représente environ 9 à 12 tonnes de CO₂e un ordre de grandeur directement intégrable dans le bilan CSRD et dans le plan de transition climatique de la DSI.

Pour que ces réductions soient valorisables dans un rapport CSRD auditable, elles doivent être documentées : certificat de reconditionnement du prestataire, données d’empreinte de fabrication évitée (fiches PCF du modèle neuf équivalent), et traçabilité de la filière. Revalo fournit, pour chaque opération de reprise, un bilan carbone IT documenté avec les émissions évitées par catégorie d’équipement, calculées selon les données constructeurs et le GHG Protocol directement exploitable dans votre rapport ESRS E1.


Intégrer les données IT dans votre rapport CSRD

L’intégration des données IT dans un rapport CSRD conforme suit cinq étapes structurantes.

Étape 1 – Définir le périmètre. Quels sites, quels actifs, quels fournisseurs cloud sont inclus dans le périmètre de reporting ? Le principe de matérialité guide cette décision : les postes d’émissions significatifs (achat de matériel, data centers) sont systématiquement inclus ; les équipements marginaux (accessoires de faible valeur) peuvent être agrégés ou exclus avec justification.

Étape 2 – Inventorier et qualifier les actifs. Produire l’inventaire par catégorie avec les données nécessaires au calcul des émissions (modèle, marque, date d’achat, durée de vie prévue). Documenter les flux entrants (achats de l’exercice) et sortants (décommissionnements, cessions, recyclages).

Étape 3 – Calculer les émissions par scope et par catégorie. Scope 2 (électricité) et scope 3 catégorie 1 (fabrication des équipements achetés), catégorie 11 (usage des produits vendus, si applicable), catégorie 12 (fin de vie des produits). Utiliser les fiches PCF constructeurs pour les modèles identifiés, la Base Empreinte ADEME en valeurs génériques par défaut. Documenter les sources et les facteurs d’émission utilisés.

Étape 4 – Documenter les réductions et les actions. Les achats de matériel reconditionné, l’allongement de la durée de vie des équipements existants, la mise en place d’une politique de reprise certifiée : ces actions génèrent des émissions évitées mesurables. Elles doivent être chiffrées (tonnes CO₂e évitées), sourcées et intégrées au plan de transition climatique.

Étape 5 – Structurer le rapport pour l’audit. Les données IT doivent être tracées jusqu’à leur source primaire. L’OTI (organisme tiers indépendant) demandera les justificatifs : factures d’achat pour les équipements, fiches PCF constructeurs, certificats de traitement pour les équipements cédés, méthodologie de calcul documentée. Un tableur structuré avec les sources citées en note suffit pour les premières années ; un outil de comptabilité carbone automatise ce travail pour les parcs importants.


Bonnes pratiques et erreurs à éviter

Ne pas réduire le scope 3 IT à la consommation électrique. C’est l’erreur la plus fréquente. En France, la consommation électrique d’un parc informatique génère peu d’émissions scope 2 (mix électrique décarboné). L’essentiel de l’empreinte carbone IT est dans le scope 3, et en particulier dans la fabrication des équipements (scope 3 catégorie 1). Concentrer le reporting sur la consommation électrique revient à mesurer l’iceberg depuis sa pointe.

Documenter les équipements reconditionnés achetés comme des réductions de scope 3. C’est un droit documenté dans la méthodologie GHG Protocol : les émissions évitées par l’achat de reconditionné plutôt que de neuf peuvent être présentées comme des actions de décarbonation dans le plan de transition, à condition d’être calculées et sourcées de manière rigoureuse.

Tracer les équipements cédés ou recyclés pour ESRS E5. La norme sur l’économie circulaire demande de documenter les flux sortants. Un équipement confié à une filière de reprise certifiée DEEE génère des données traçables et opposables – un équipement stocké dans un couloir ou éliminé sans filière est une lacune dans le reporting.

Éviter les estimations non sourcées. Les affirmations comme « notre parc génère X tonnes de CO₂ » sans base de calcul documentée exposent l’entreprise à un risque de greenwashing sous la Green Claims Directive, dont la transposition française est attendue en 2026. Toute donnée publiée dans le rapport CSRD doit être traçable jusqu’à sa source.

Commencer par un inventaire fiable avant d’investir dans un outil. Un outil de comptabilité carbone IT ne produit de bons résultats que si l’inventaire de base est exact. Commencer par consolider et fiabiliser l’inventaire via ITAM avant d’automatiser les calculs est la séquence la plus efficace.

Service de collecte pour entreprise.


Conclusion

Le parc informatique est un composant invisible mais significatif du bilan carbone d’une organisation. Avec la CSRD et les normes ESRS, il entre désormais dans le périmètre du reporting obligatoire auditable pour les grandes entreprises, et dans celui du reporting volontaire pour les PME engagées dans une démarche RSE. La bonne nouvelle : les données nécessaires sont collectables, les méthodes de calcul sont standardisées (GHG Protocol, Base Empreinte ADEME, fiches PCF constructeurs) et les leviers de réduction sont concrets (reconditionné, allongement de durée de vie, reprise certifiée).

Pour les DSI, c’est une opportunité de repositionner la politique IT comme levier stratégique de la trajectoire carbone de l’entreprise, avec des chiffres documentés et des actions mesurables. Le reconditionné n’est plus seulement une décision économique : c’est un argument CSRD chiffrable.


Questions fréquentes sur la CSRD et le reporting IT

Comment calculer l’empreinte carbone de son parc informatique ?

Le calcul se fait en trois postes : empreinte de fabrication des équipements achetés dans l’année (fiches PCF constructeurs ou Base Empreinte ADEME, en kg CO₂e par équipement), empreinte d’usage en scope 2 (consommation électrique × facteur d’émission du mix local), et empreinte de fin de vie (transport et traitement). En France, l’essentiel de l’empreinte IT est dans la fabrication (scope 3 catégorie 1), la consommation électrique étant marginale avec notre mix décarboné. La Base Empreinte ADEME et les fiches PCF publiées par Dell, HP, Lenovo et Apple sont les sources de référence.

Qu’est-ce que la CSRD impose aux entreprises IT ?

La CSRD n’impose pas d’obligations spécifiques aux entreprises du secteur IT. Elle s’applique à toutes les grandes entreprises concernées par les seuils, quel que soit leur secteur. Pour le volet numérique, les obligations découlent principalement de l’ESRS E1 (émissions GES, dont le scope 3 lié aux achats de matériel), de l’ESRS E5 (gestion des DEEE et économie circulaire) et de l’ESRS 2 (informations générales, dont la stratégie de durabilité). La DSI est un contributeur incontournable du reporting CSRD, car elle détient les données d’inventaire, de consommation et de flux d’équipements nécessaires aux calculs.

Les PME sont-elles concernées par la CSRD ?

Après la directive « Content » de mars 2026, les PME (moins de 1 000 salariés) ne sont plus soumises à la CSRD obligatoire. Elles peuvent adopter volontairement les normes VSME, une version simplifiée des ESRS d’environ 200 points de données. En pratique, les PME qui travaillent avec de grandes entreprises soumises à la CSRD seront de facto sollicitées pour fournir des données de durabilité à leurs donneurs d’ordre le reporting volontaire devient ainsi une nécessité commerciale. Les entreprises de 500 à 999 salariés restent en outre soumises au BEGES français.

Quel est le scope 3 du matériel informatique ?

Le matériel informatique relève du scope 3 catégorie 1 « achats de biens et services » du GHG Protocol, qui couvre les émissions générées lors de la fabrication des équipements achetés par l’entreprise. C’est la catégorie la plus significative du scope 3 IT : 75 à 80 % de l’empreinte carbone d’un équipement numérique est générée à la fabrication selon les données ADEME. La consommation électrique des équipements relève quant à elle du scope 2, et leur fin de vie du scope 3 catégorie 12.

Comment le reconditionné aide-t-il à réduire le bilan carbone IT ?

Acheter un équipement reconditionné plutôt que neuf évite l’émission de carbone liée à la fabrication d’un nouvel appareil soit 300 à 400 kg CO₂e pour un PC portable selon les données constructeurs. Ces émissions évitées sont documentables selon la méthodologie GHG Protocol et intégrables dans le plan de transition climatique CSRD comme actions de décarbonation scope 3. Pour les entreprises qui documentent leur recours au reconditionné dans leur rapport de durabilité, des prestataires comme Revalo fournissent un bilan carbone IT certifié avec le détail des émissions évitées par catégorie d’équipement.


Pour aller plus loin, consultez notre article sur le bilan carbone du parc informatique en PME, notre guide sur le coût total d’un parc informatique (TCO).

Vous avez aimé cet article ?

Découvrez comment Revalo peut donner une seconde vie à votre parc informatique, en toute sécurité.

Planifier une reprise
Tous les articles

À lire aussi